Attendre

Les martinets hurlent dans le ciel
Plongent dans les souvenirs de l’été
Lumière de Provence
Rideaux par la fenêtre
Un chien étendu sous l’arbre du parc
Bruit de paille quand je traverse le champs
Espigaou qui colle aux chaussettes
L’été prêt à éclore
Se déploie seulement dans ma tête
Pendant que le monde attend
Sources fraiches
Peau rosée
Cigales qui chantent
C’est un souvenir qui attend d’être vécu
Il patiente

L’été va-t-il être annulé ?

Ana Rougier

Flic floc

J’ai de la semoule dans la tête. Au loin me suivent des tâches : écrire un article, finir un chapitre, terminer une traduction. Très loin. Je me promène dans le jardin entre les herbes, et retourne m’installer prés d’un pot de fleurs, comme le chat.

Je crois que ce qui me restait de cervelle a fui, pour me faciliter les choses : éviter de penser  à  ce qui vient, arrive ou est déjà arrivé.

Une bouillie d’analyses ou prétendues telles tapisse ma boîte crânienne.  Les gens bégaient des réflexions éventées, ou s’aventurent dans des impasses.

La pandémie dévoile notre ventre mou. enfin, notre, facilité de langage. aucun collectif là dedans.

Pas de petit Saint Jean en 2020.

J’habite dans une ville belle et sinistrée. Il s’y passe deux choses : au mois d’août, la fête de la Lavande, au mois de juin, le 23, la fête du Petit Saint Jean. Depuis vingt ans, je pense que si la terre disparaissait dans des tsunamis et des tremblement de terres,  ici,  avant de passer l’arme à gauche, on essaierait quand même de caser un petit Saint Jean. 

Pascal revient des courses chez un agriculteur local et m’annonce :

 

-« Ils ont annulé le petit Saint Jean.!

 

Alors, j’ai un espoir, parce que depuis 1503,  la fête a toujours eu lieu.

 

Hier encore, je pensais qu’on était foutus, surtout après avoir vu le documentaire d’Arte sur le tracking et le contrôle numérique.

 

Mais, là,si l’inconcevable se produit, si la longue chaîne des petits Saint Jean blonds et blancs s’interrompt, peut-être pourra-t-on entrevoir, dans ce qui se libère, une piste vers d’autres temps.

Benjamin aborde quelque chose de cet ordre, quand il évoque ces insurgés de 1830,  tirant sur les horloges, pour fusiller le temps continu, celui du travail.

Les fleuves remonteront-ils à leur source?

Les risques du traçage

La Quadrature du Net appelle à boycotter l’application StopCovid.

 

Pour prendre connaissance des arguments qui plaident en faveur du refus de cette application et des technologies utilisées, voir l’article : Nos arguments pour rejeter StopCovid

Par ailleurs; un groupe de spécialistes en cryptographie, en analyse et protection des données, en droit des technologies de différentes institution de recherche ( INRIA, CNRS, University de Waterloo, Canada, EPFL, Suisse, Sorbonne Université) a réalisé une expertise de toutes les technologies de traçage qui pourraient être adoptées en Europe et France pour lutter contre l’épidémie.

Ce texte est un effort pour mettre à la portée d’un public non spécialiste les enjeux et les risques prévisibles du recours à ces technologies.

La page du projet : https://risques-tracage.fr/

Bien que le but de juguler l’épidémie à la suite du déconfinement ne soit pas assuré grâce à cette application , de nombreuses garanties annoncées par les autorités qui en font la promotion sont contredites :

Au delà des raisons détaillées par la Quadrature de Net qui a alerté des députés, diminués par l’état d’urgence sanitaire, ce groupe de chercheurs envisage quelques scénarios concrets aux conséquences problématiques du point de vue de l’anonymat, des relations sociales et de la responsabilisations des citoyens dans la lutte contre l’épidémie.

Merci de diffuser ses informations autour de vous, en particulier auprès des gens qui pensent qu’ils n’ont rien à cacher…

Médecins, « interêt commun », pouvoir.

Hier soir, nous avons écouté un biologiste coincé en Corée du sud, qui donnait son point de vue sur la gestion de la pandémie dans le cadre de A l’air libre ( Médiapart)

Très dur envers le gouvernement, il évoquait, avec un soupir de découragement, la différence entre la gestion française de la pandémie et celle de la Corée dans laquelle l’ordre médical a le pouvoir de prendre les mesures nécessaires, chose impossible, regrettait-il, en France. Valentine Oberti, souriante, insistait sur cette impossibilité, comme si  il allait de soi, que la  solution coréenne était la bonne.

Par la suite, le même biologiste parlait du tracking nécessaire pour contenir la pandémie,  affirmant avec bonhomie quelques contre vérités, comme par exemple : pas de problèmes avec le traking, une fois que les infos sont prises, c’est fini, il n’ y a pas de traces.

Heu, oui, une fois que tu as pris les coordonnées de ma carte de crédit, tu n’as pas besoin de zoner sur mon profil, c’est vrai.

Les propos de ce biologiste faisaient écho à ceux d’un médecin qui s’était exprimé récemment sur plateau télé, déplorant qu’un haut gradé militaire n’ait pas  pris en main la gestion de crise.

Il y a l’idée de l’intérêt commun ». Qui semble se limiter au fait de rester en vie. Mais une vie définie, une fois de plus, comme vie biologique. Si tout est bon pour ne pas mourir, quel sens a notre vie ?

 

 

Décentrons le regard. 2

(…)La disparition, vue comme technique de gouvernement, rend compte d’une déterritorialisation de la gestion biopolitique des populations. Car avec cette dernière, il s’agissait de gouverner l’impersonnalité de la vie biologique sous l’aspect de  sa multiplicité : productive, caractéristique (fécondité, natalité, mortalité, registres de statistiques ) assimilations et déviations.

Les techniques de disparition vont de la normalisation de l’extermination et des exécutions sommaires comme pratiques de gouvernement jusqu’à l’occultation des données concernant la létalité du coronavirus au SUS.

Les techniques de disparition produisent une « vie qui ne laisse aucune trace ». La personne disparue n’est pas seulement un corps à la merci de la punition du souverain ou des disciplines qui vont la soumettre. Le concept de “vie sans trace” rend possible une contre-histoire paradoxale de la politique en Occident. Il permet d’y inclure une longue histoire restée dans l’ombre : celle des Africains morts dans les navires négriers ( on les nommait “navires-tombeaux” dans l’Empire portugais), durant le long génocide qui va du XVe siècle jusqu’au XIXe. Celle des “disparus” politiques, lors des dictatures latino-américaines des années soixante. Celle des narcotrafiquants assassins ou des groupes d’extermination policiers, militaires et paramilitaires.

Le concept de disparition est un critère d’intelligibilité de la politique gouvernementale latino-américaine. Prenons l’exemple du Brésil : il est impossible d’y établir une analyse un peu critique des questions de gouvernementalité sans analyser la présence cachée mais constante de fosses communes comme zones de disparition de traces.

Les fosses communes au Brésil ont d’abord été un dispositif colonial lié à l’esclavage. Lorsqu’une personne capturée et réduite en esclavage avait survécu à la traversée de l’océan sur les navires tombeaux, mais était morte sur le sol brésilien, qu’elle décède d’épuisement, de maladie, ou suite à un châtiment, pendue, décapitée, ou « cuite vivante  » (c’est ainsi qu’on désignait cette forme cruelle de torture par immersion dans de l’eau bouillante, que d’autres personnes réduites en esclavage étaient contraintes d’infliger aux condamnés), son corps était enterré dans une de ces fosses communes non identifiées, qu’on nommait alors les « cimetières d’esclaves ».

Depuis, les fosses communes se sont généralisées, que ce soit pour les indigents, pour les subversifs ou pour les endettés du trafic de drogue. Tout ce dont il faut effacer l’image, comme l’exige la stratégie d’un État nihiliste, qui a intégré dans son fonctionnement les machines de guerre criminelles ( voir au Brésil les milices au pouvoir). Il ne s’agit pas seulement de la mort de milliers d’anonymes, mais d’une tactique concrète mise en place pour que de tels événements ne soient pas marqués : si la biopolitique et sa ligne de fuite nécropolitique agissent sur le corps vivant d’une population, la production de disparitions opère surtout sur un plan historique.

En effet, le lieu caractéristique de la gouvernementalité biopolitique était la métropole, c’est-à-dire l’espace urbain apparu lors du passage d’une souveraineté basée sur le pouvoir territorial à la gouvernementalité biopolitique et son gouvernement des hommes et des choses, avec pour contrepoint, les nécropoles (νεκρόπολις, le terme désignait en grec les cimetières, littéralement, la « ville des morts », au Moyen Age on parlait de “champs des morts ”1). Or, les fosses communes disséminées dans le monde et la sous-estimation actuelle de la létalité de la pandémie ne sont pas seulement l’expression, incontournable et inconfortable, de l’extermination comme pratique de gouvernement. Elles rendent compte de politiques de disparition, qui transforment les anciens territoires de la ville et de la métropole, concepts centraux de la biopolitique foucaldienne, en lieux de frai et de dissimulation des cadavres (…).

1En espagnol et portugais on parle de  « campo santo », littéralement « champ sacré » .N.d. T

à suivre

Biopolitique. Décentrons le regard.1

Je publie ici un premier extrait d’un article de Jonnefer Barbosa, philosophe brésilien.  Il apporte un point de vue décentrée à la question que j’avais commencé à effleurer dans ce blog . Je continuerai à poster des parties de ce texte dont l’intégralité sera publiée sur le site dans quelques jours, quand nous aurons fini de le traduire.


En attendant Foucault. Vies sans traces

(…)Ces dernières semaines, on pouvait lire sur internet de nombreuses analyses de sciences humaines, qui recouraient a Foucault pour expliquer les liens entre les techniques de gouvernement biopolitiques. Or, il faudrait que nous abordions plus précisément un thème, la question des régimes de vérité dans lesquels ces technologies sont impliquées et auxquels elles donnent de la visibilité. Car il n’y a pas de continuité naturelle, par exemple, entre la peste bubonique, que décrivit Boccace au XIVe siècle, et le confinement de la variole au moyen d’une technique absolument nouvelle, les vaccins, apparue avec les expériences d’Edward Jenner à la fin du XVIIIe siècle, deux phénomènes ayant été relevés par Foucault. La prolifération de COVID-19 et les différentes réponses gouvernementales à la pandémie, en particulier dans le contexte brésilien, ne peuvent être pas être lues seulement en termes biopolitiques ou nécropolitiques : en effet, le gouvernement biopolitique des populations est devenu, à notre époque, un privilège de classe.

Les mesures de quarantaine dans le contexte européen et américain, les technologies de cyberbiovigilance, sur le modèle sud-coréen, ou encore, la fusion des deux tactiques, stratégie adoptée par la Chine, sont à raison assimilées à des techniques de gouvernementalité biopolitique. Cependant, force est d’observer que dans les territoires néocolonisés et dans les zones de confinement humain, qu’il s’agisse de l’Amérique latine ou d’un un camp de réfugiés en marge de l’Europe, la gouvernementalité biopolitique a cédé la place au nihilisme d’État.

Le cas du Brésil de Bolsonaro est paradigmatique. Bolsonaro a appelé à des manifestations, à un retour à la « normalité » – la tradition des opprimés nous enseigne que l’état d’exception est la normalité – alors qu’il disposait de données sur la progression de la pandémie et de prévisions quant au nombre de décès à venir. Le rapport n° 15/2020, publié par l’Agence brésilienne de renseignements (ABIN) le 23 mars 2020, et rendu secret par le gouvernement fédéral, a réalisé des analyses prédictives sur la courbe de létalité du virus, comparée à celle d’autres pays. Bolsonaro, ses proches collaborateurs et le monde des affaires qui lui apportent soutien et conseils, savent que la pandémie entraînera la mort de milliers de Brésiliens et Brésiliennes. La demande présidentielle de retour à la normale coïncide dans le temps avec l’augmentation du nombre de documents publics pouvant être classés secrets. Les décès non-déclarés au Brésil sont beaucoup plus parlants que les chiffres effectivement comptabilisés par le gouvernement. L’occultation de la réalité grâce à la censure et la prolifération des mensonges est délibérée et explicite. Nous retrouvons là l’éternel cynisme de la classe moyenne supérieure, familière des courses automobiles génocidaires et à l’abri dans ses voitures de luxe : elle exige le retour au travail des pauvres. Pour jouer avec les concepts benjaminiens, le fascisme aujourd’hui au pouvoir a intégré sa propre précarité, il n’a plus de revendication constitutive et n’est pas soutenu par les pouvoirs constitués ou constitutionnels.

La définition ressassée de la souveraineté politique comme pouvoir de vie et de mort, comme pouvoir d’infliger la mort, ne nous permet pas de comprendre une gouvernementalité néocoloniale dont les contours ne s’arrêtent pas au corps des sujets, et dont les stratégies ne sont plus circonscrites au gouvernement biopolitique des populations. Produire des disparitions, ce n’est pas seulement anéantir des vies humaines, cela passe aussi par une gestion particulière : l’effacement des traces.(…)

à suivre.

Cet extrait se trouve au début de la seconde partie de l’article intitulé

Traversée conceptuelle de l’irreprésentable.

Trois seuils de la pandémie de 2020.

31.3.2020

Jonnefer Barbosa

Vendetta

Comme tout les français j’ai écouté le discours de Macron il y a trois jours en sachant déjà ce qu’il allait dire. Je savais qu’il allait parlait de la guerre qu’il mène tout seul.

J’ai râlé, avec des « putains » entre mes deux morceaux de tajine. Pour faire passer la pilule, j’ai regardé V pour Vendetta, en me disant que si justice est faîte dans le film, ça va être moins évident pour notre réalité.

Puisque nous sommes tous pris entre des contradictions permanentes : nos opinions personnelles, collectives et ce qui est ordonné par l’Etat.

Porte un masque. Ne porte pas de masque. Sors. Ne sors pas. Cours. Cours pas. Reste passif. Ou pas. Attend un mois. Deux ou trois. Aide les autres. Mets toi en danger. Travaille plus. Télé-travail. Occupe toi de tes enfants. Mais travaille.

Je me souviens juste qu’on parle d’envoyer les parents au charbon, de mettre les enfants à la crèche, d’envoyer plus de masques et de tests. Il parle de nos « ainés » en disant que nous allons peut-être les voir sortir d’ici la fin de l’année.

Dans le cerveau fumant de l’Etat, il y a une sorte de continuité, qui est de ne jamais se sentir concerné par ce qui est annoncé. On laisse les putes dans la rue parce que leur existence n’est pas légale. On enferme les vieux pour les tuer avec leur propre solitude. On arrache les dunes pour que les vagues emportent mieux les maisons.

Comme s’il y avait une incapacité à se représenter la souffrance des vivants.

JE COUDS DES MASQUES

 

JE COUDS DES MASQUES

Vendredi 3 avril 2020

Depuis une semaine, comme un rituel, une litanie, un mantra : je couds des masques en tissus. Quel plaisir d’occuper mon temps à réfléchir à la meilleure disposition des coutures, à m’améliorer (ou pas) à chaque nouvel ouvrage, à ré-decrouvrir le plaisir de fabriquer de mes petites mains un bel objet (ben oui quand même) et utile, a essayer devant la glace mes œuvres d’art. J’y mets toute mon attention et mon amour à ce sésame protecteur destiné à mes proches de cœur et de sang. On pourrait dire, comme une petite bonne femme, dont l’énergie est totalement dédiée au dévouement, au care, jusqu’à l’oubli de soi, comme dirait certains… Et bien non, c’est bien tout le contraire…

Alors que la machine pique et repique, j’écoute les podcasts de Binge Radio – Les couilles sur la table , qui parlent de man Gaze et female gaze, ou d’un podcast à soi sur Arte, qui parle en deux tomes de l’écofeminisme et de « pouvoir de »..

https://www.arteradio.com/son/61662635/ecofeminisme_1er_volet_defendre_nos_territoires_21

https://www.binge.audio/female-gaze-ce-que-vivent-les-femmes/

Cuisiner, jardiner, coudre ont beaucoup été décriés par les femmes dites modernes, qui usent des codes du patriarcat pour affirmer leur « pouvoir sur » ou leur autorité. Alors que j’enfilais un élastique, j’entends vanter la réappropriation de savoirs dits féminins comme source non pas d’aliénation mais d’émancipation et d’autonomie. (Starhawk) Ces femmes interviewées sont inspirantes. J’admire leur indépendance et leur liberté.

A l’écoute de leur témoignages, je me sens toute fière de consacrer mon temps de confinement à cette activité de couture.

Parce que derrière ces masques, il est bien question d’autonomie, de liberté.

Ne pas dépendre du pouvoir politique qui n’en finit pas de mentir et de retarder la distribution de ces protections qui n’en finissent pas de ne pas arriver, ne pas dépendre de qui que soit pour assurer sa propre sécurité et celle de autres.. Liberté de se mouvoir sans danger, liberté d’aller vers l’autre sans prendre le risque d’y laisser sa peau, liberté de sortir, de prendre l’air.

Parce que ce confinement ne sera pas levé avant longtemps. Les épidémiologistes parlent déjà de deuxième, troisième, quatrième vague.

Ces masques représentent pour moi comme un laisser passer sur l’avenir, le futur restreint qui se présente à nous. L’expérience de la Corée du sud, du Japon, devrait être une évidence d’inspiration, et surtout la démonstration que le masque est une garantie à minima de protection. Un témoignage plus proche, celui de ma sœur , infirmière . Elle travaille dans un hôpital qui a du réagir très tôt à l’afflux de patients covid19. Une des premières mesures a été d’équiper tous les soignants de protections. Jusqu’à présent, pas ou très peu de collègues sont malades contrairement à d’autres structures ou près de la moitié des soignants sont contaminés..

Dans l’émission consacrée au male gaze et au female gaze, on y parle d’un autre regard, ou la femme n’est pas objet, mais bien sujet, et ou le spectateur n’est pas dans un voyeurisme douteux, mais est aussi investit dans le récit et l’action que le personnage filmé.. Les émotions , les sentiments traversent et animent son corps. J’ai adoré entendre cette femme, critique de cinéma, et enseignante , expliquer la genèse de son livre « j’ai écouté mon corps. Je savais qu’il se passait autre chose en moi quand je regardais des films avec un regard feminin, mais je n’étais pas capable d’y mettre des mots. Je me suis laissée portée par mon corps.. ». En fabriquant des masques, j’écoute aussi mon corps, qui a besoin d’être à la fois protégé et d’être libre de ses mouvements. J’y ajoute de la gaîté, défis d’assemblage de couleurs improbables, de tissus qui auraient été donnés, ou amassés dans un placard jusqu’au jour ou , un appel puissant de vie a la créativité, et une forme d’insurrection vis a vis d’un pouvoir liberticide et criminel.

L jour ou j’écris ce texte un article est tombé :

LES MASQUES BIENTÔT OBLIGATOIRES ?

La très respectable Académie Nationale de Médecine vient de publier un communiqué dans lequel elle recommande de généraliser le port du masque de protection. Et même de le rendre obligatoire : « dans le cadre de la levée du confinement, le port obligatoire d’un masque « grand public » ou « alternatif » par la population devra être maintenu. »

Vous avez bien lu, après nous avoir répété que le masque ne servait à rien, puis qu’il devait être réservé aux soignants, les autorités sanitaires finissent par demander que toute la population en porte. En France nous serons donc passés en quelques semaines :

1 – D’une interdiction totale des masques. Depuis des mois, toute personne portant un masque était arrêtée pour « dissimulation du visage ». La police a confisqué des milliers de masques lors des manifestations

2 – A la pénurie de masques que nous traversons actuellement, avec son lot de mensonges d’Etat et les conséquences dramatiques que nous connaissons

3 – et bientôt ? A l’obligation pour tout le monde de porter des masques !

L’Académie Nationale de Médecine, bien consciente que le gouvernement ne pourra pas fournir des masques conventionnels pour toutes et tous, évoque la possibilité de fabriquer masques « alternatifs » chez soi.

Demain, toutes et tous équipés dans les rues avec de masques décorés ? Avis aux esprits créatifs …

Le communiqué : http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-pa…/

Mercredi 15 avril

Le confinement est évidemment prolongé jusqu’au 11 mai. Les élèves de primaire, collèges et lycées pourront retourner en cours dans des conditions a évaluer au moment concerné.. Rien de clair, rien de précis, et toujours l’incertitude totale sur cette histoire de masques . Les Couturières solidaires du pays de Chateaubriant ont déjà cousu des centaines de masques, pour le personnel hospitalier, des Ephad et autres services. Certaines ont payé de leur poche la matière première (fils, élastiques, tissus), certaines sont professionnelles et le font complètement bénévolement. Mais cela fait un mois, et les difficultés financières commencent à se faire sentir…Des couturières proposent des masques à Dix euros pièce.. un prix « social ».. Pour une personne qui travaille c’est de huit masques dont elle a besoin, soit quatre par jour, soit un minimum d’investissement de 80 euros. Si on souhaite équiper toute une famille, c’est un investissement exorbitant pour des salaires qui plafonnent au SMIC voir en dessous.

Je me suis remise à coudre des masques ….

   

Pour un Hôpital public

Contre le plan Macron pour l’hôpital et son déploiement de privatisation  :

Après le 11 mai , organiser dans les villes des journées blanches : les volontaires, vétu.e. s de blanc,  tournent dans la ville sous forme d’un maillage, qui se déplace en respectant les distances.

Au dos des tee- shirts  : Non au plan Macron de privatisation de l’hôpital.  Des sous pour un hôpital publicNon à la gestion néo-libérale,  bref,  tous les slogans que l’on peut imaginer sur la question.

Il est possible d’occuper l’espace public sans rassemblement.

De ne pas manifester mais se manifester.

Il suffit de le vouloir.

Après ?

Conversation avec Anne, hier :

Arrêtons de parler d’après, comme si on allait retourner à la normale.  Il faut faire maintenant, tisser comme on peut des solidarités, et en agissant nous viendront les idées qui manquent pour le moment.

C’est vrai que dans le climat de déliquescence intellectuelle,  face au silence de ceux qui d’habitude jacassent, il est bon de se dire que, peut être, voici venue l’occasion d’une praxis, (allez, un gros mot).

D’ailleurs les intellectuels patentés ne sont pas les seuls à pédaler. Tous, nous traînons un boulet, fait de stupéfaction, d’appréhension, de colère et de rage impuissante. Autour de nous, je n’arrête pas d’entendre des gens, amis ou connaissances, qui remarquent ne pouvoir produire une réflexion, être bloqués dans leur création artistique, ou  tout simplement avoir l’esprit voilé par une nébuleuse de dépression et d’attente.

Où est le verrou ? Dans le monde déjà derrière ou celui qui est devant ?

Fin de soirée, une session Jitsi avec Javier et Leo de México D.F.  Le même age que nous, confinés dans leur colonia, avec humour et philosophie. Leurs enfants font les courses pour eux, et les photos et vidéos du petit fils leur apportent  distraction et espoir de futur.

Mais l’espoir nous empêche d’agir.

car  » c’est seulement à cause de ceux qui sont sans espoir que l’espoir nous est donné. »

Des furtifs aux confinés

Dès que tu descendais dans la rue, dans toute la ville privatisée, tu te prenais systématiquement trois vagues : Les taxiles, les vendiants, et les drones. Et quand tu refusais comme moi la bague au doigt, à l’instar des 4 % de renégats qui préféraient encore être libres que choyés, ça devenait rapidement difficile à supporter.
 Sans bague, tu n’avais pas d’identité pour les capteurs, les censeurs, le réseau. Pas de profil, pas de préférence, pas de personnalisation possible de la sollicitation ou du laisser-en-paix. […]

[…]Pour les drones, un sans-bague valait par défaut un standard… Enfin moins qu’un standard dans la mesure où l’on ne bénéficiait même pas des bonus-avenues du jour sur les axes à faible trafic ni des offres-traversées sur les places tranquilles en heures creuses. Plus grave, attendu que l’amende automatique pour intrusion dans une zone supérieure à ton forfait ne pouvait t’être décomptée sur ta bague (puisque tu n’en n’avais pas), tu subissais les tirs soniques suraigus ou l’intervention physique d’une patrouille au moindre écart hors de ta portion de ville autorisée. […]

Extrait de « Les furtifs » d’Alain Damasio – 2019

Ça vous rappelle rien ? C’est fou comme ces derniers temps les romans d’anticipation, de science-fiction semblent dépassés par ce que nous vivons ou allons vivre d’ici peu.