Qu’est-ce qui nous arrive?

C’est le titre d’un article de l’historien Jérôme Baschet, paru il y a une quinzaine de jours dans Lundimatin.

https://lundi.am/Qu-est-ce-qu-il-nous-arrive-par-Jerome-Baschet

J’aime bien ce titre, qui nous éloigne des impasses où nous précipitent « ceux qui savent ». 

Baschet estime que rien n’est gagné,  mais rien n’est perdu non plus  . La perte de légitimité toujours plus grande  des gouvernements, entre autre celui de la France,  l’intensification inévitable de la répression dans un contexte où la gestion de la pandémie ne fera qu’accentuer les inégalités et discriminations,   la poursuite à tout va d’un néolibéralisme mortifère,  ces contradictions déboucheront nécessairement sur une exacerbation des conflits. On n’est pas  sortis de la séquence, qui en France s’est ouverte à partir de Nuit debout. Et dans le monde, je ne me risque pas à des hypothèses, tout le monde sait néanmoins que la lutte, la résistance, la colère, on l’appellera comme on veut, s’intensifie

Quelle raison avons nous de penser que nous n’aurons pas simplement un bilan plus lourd : plus de mains arrachées, plus d’ yeux crevés, plus d’arrestations et de gardes à vue. Et en prime le passage à un stade supérieur de contrôle électronique avec ou sans application Covid ?  Voir ce qui s’est passé à Bure

https://reporterre.net/L-Etat-a-depense-un-million-d-euros-contre-les-antinucleaires-de-Bure

 

 Baschet compte sur :

La colére,

celle des médecins, par exemple,  qui appellent à une » insurrection générale des personnels de santé. » il dit qu’on peut envisager  une « giletjaunisation de la sortie du confinement – malgré les tours de vis que le gouvernement se prépare, pour cela même, à donner ».

L’ouverture d’une brèche dans le temps :

« Pourtant, malgré toutes ces limites, la conjonction de la colère contre un état de fait de plus en plus discrédité et d’une rupture de temporalité qui ébranle les habitudes les mieux ancrées est porteuse d’un potentiel non négligeable de critiques, de remises en cause et, peut-être, d’ouverture à de multiples et infimes bifurcations Ce contexte de crise, dans lequel de surcroît la question de la mort est moins occultée qu’à l’habitude, donne une place singulière à des questions telles que : qu’est-ce qui est vraiment important ? A quoi tenons-nous véritablement ? C’est sans doute l’un des ferments potentiellement créatifs de la situation présente.

Une expérimentation grandeur nature d’un blocage généralisé de l’économie (35% de l’activité globale et 44% de l’activité industrielle)

 

La nécessité de pratiques auto-organisées du soin : « des maisons de santé autonomes, un réseau de compétences partagées ou tout autre mode d’organisation envisageable dans ce domaine auraient permis, comme ont pu le faire les zapatistes, de faire émerger collectivement les mesures sanitaires nécessaires pour affronter l’épidémie, plutôt que de laisser à l’État le plaisir de nous les imposer de façon coercitive »

 

Il écrit : Le virus joue aussi comme un accélérateur du temps historique.

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