Des furtifs aux confinés

Dès que tu descendais dans la rue, dans toute la ville privatisée, tu te prenais systématiquement trois vagues : Les taxiles, les vendiants, et les drones. Et quand tu refusais comme moi la bague au doigt, à l’instar des 4 % de renégats qui préféraient encore être libres que choyés, ça devenait rapidement difficile à supporter.
 Sans bague, tu n’avais pas d’identité pour les capteurs, les censeurs, le réseau. Pas de profil, pas de préférence, pas de personnalisation possible de la sollicitation ou du laisser-en-paix. […]

[…]Pour les drones, un sans-bague valait par défaut un standard… Enfin moins qu’un standard dans la mesure où l’on ne bénéficiait même pas des bonus-avenues du jour sur les axes à faible trafic ni des offres-traversées sur les places tranquilles en heures creuses. Plus grave, attendu que l’amende automatique pour intrusion dans une zone supérieure à ton forfait ne pouvait t’être décomptée sur ta bague (puisque tu n’en n’avais pas), tu subissais les tirs soniques suraigus ou l’intervention physique d’une patrouille au moindre écart hors de ta portion de ville autorisée. […]

Extrait de « Les furtifs » d’Alain Damasio – 2019

Ça vous rappelle rien ? C’est fou comme ces derniers temps les romans d’anticipation, de science-fiction semblent dépassés par ce que nous vivons ou allons vivre d’ici peu.

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