Pandémie et nécropolitique

 

 Jonnefer Barbosa est prof de philo à Sao Paulo.  Il me disait déjà il y a deux jours : Comment les gens des favelas et de la rue peuvent-ils se laver les mains ?

Là,  comme il apparaît dans cet  appel de juristes, Bolsonaro profite de la crise sanitaire pour  légaliser des ruptures de contrat de travail de quatre mois sans prise en charge ni rémunération.

 

« Alors que d’autres pays cherchent à assurer le maintien de l’emploi et que l’OIT souligne l’importance de la protection sociale pendant la pandémie, le gouvernement brésilien profite de la crise sanitaire pour lancer une nouvelle attaque contre les droits sociaux des travailleurs. Le texte du MP 927, avec ses illégalités, fait de la relation de travail un avantage pour l’employeur, allant même jusqu’à dénaturer le contrat de travail, en  faisant disparaître l’une de ses principales clauses, la rémunération , en transformant la la quarantaine en vacances ou « congés anticipés », et en autorisant l’extension des heures de travail pour ceux qui sont déjà exposés dans le domaine de la santé ou la pratique du licenciement sans salaire, comme s’il était possible de survivre sans salaire. Il suspend les exigences en matière de santé et de sécurité au travail, alors que ce dont nous avons le plus besoin, c’est précisément de redoubler d’efforts. Les députés valident l’illicite : l’utilisation du travail dans une situation analogue à l’esclavage, c’est-à-dire le travail non rémunéré.La prévision selon laquelle la situation précaire se poursuivra jusqu’à 270 jours, même si la crise sanitaire est prévue pour une période de 150 jours en moyenne, révèle sa véritable intention. Il n’y a pas de souci pour la santé des gens, mais l’utilisation perverse de la pandémie, pour leur enlever encore plus de droite ».

 

Pas question ici de dire qu’en Europe ou en france, e nous vivons la même chose.

Mais pour ceux qui plieraient l’affaire,  en se disant que c’est encore une histoire de pays sous-développés, n’oublions pas que Bolsonaro et Macron ont pensé à la même chose :   les travailleurs  envoyés au front ne pourront pas invoquer une maladie professionnelle.

Brésil :  » La proposition stipule qu’un accident du travail ne sera pas considéré comme tel si le travailleur dans les domaines de la santé, des transports et des services essentiels contracte le nouveau coronavirus et ne peut prouver le « lien de causalité » avec la fonction de travail exercée »

 

France » L’ordre social qui donne du « héros » en verroterie symbolique aux personnels hospitaliers, mais leur fait envoyer des mails leur expliquant qu’une infection au coronavirus ne sera pas reconnue comme maladie professionnelle (des fois qu’entre deux gardes ils aillent se déchirer en discothèque) « .

 

Il se pourrait que la fameuse ligne qui nous sépare des pays sous développés, remonte.

Il se pourrait que la crise sanitaire montre l’effacement de cette ligne qui sépare  démocraties et pouvoirs autoritaires.

 

 

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